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Interview

Tatiana Mossoua Gondamoyen«l’autonomisation de la femme centrafricaine doit commencer à la base, en attribuant des bourses aux filles pour accéder à une éducation de qualité»

Une femme brillante, talentueuse, avec un cursus digne d’éloges, Madame Tatiana Mossoua Gondamoyen est manager en développement de programmes à « SOS village d’enfants » en Centrafrique. Après plus de 13 ans d’expérience dans ce secteur, elle nous livre le secret de son ascension au cours d’une interview accordée à Femme d’Afrique Magazine.

Femme d’Afrique Magazine : Qui est Mme MOSSOUA GONDAMOYEN Tatiana?

Madame Mossoua Tatiana : Je suis une Centrafricaine, deuxième d’une famille de 11 enfants; mariée, mère de 3 enfants et cadre au Village d’Enfants SOS en République centrafricaine.

Femme d’Afrique : Quel est votre cursus académique et professionnel?

Madame Mossoua : Cursus académique
Baccalauréat série B, Maitrise en Sociologie, option développement rural,
Master Professionnel en Leadership Organisationnel et Management;
Master 2 de Psychologie, Option Psychologie Clinique et Santé.
Quant au Cursus professionnel, j’ai été intégrée dans la Fonction publique au ministère de la Santé Publique et affectée à la Direction de la Santé Famille, précisément au Service de santé des adolescents et jeunes de 2000 à 2004 ; De 2005 à 2006, Expert National en IE-CCC-SR au Projet CAF/02/P03;
De 2007 à 2013, Coordonnatrice nationale du Renforcement de la Famille à SOS Villages d’Enfants en République centrafricaine; De 2013 à ce jour, Manager en Développement de Programme à SOS Villages d’Enfants en République centrafricaine; De 2012 à ce jour, membre de l’équipe des facilitateurs de Cours de Développement Associates International (DAI); Membre des investigateurs de SOS pour la sauvegarde de l’enfant…

Femme d’Afrique : Quel est votre apport au sein de votre patrie?

Madame Mossoua : En tant que cadre dans ce pays, ma contribution est essentiellement focalisée sur les enfants et jeunes centrafricains sans prise en charge parentale ou qui risquent de la perdre afin qu’ils aient la possibilité de grandir dans un environnement protecteur de leurs droits et qui favorise leur développement en tant que futur citoyen responsable.

Femme d’Afrique Magazine : Parlez-nous en bref de SOS Village CENTRAFRIQUE, et quel est son champ d’action?

Madame Mossoua : SOS Villages d’Enfants est une Organisation non gouvernementale à vocation sociale et humanitaire qui œuvre pour le bien-être des enfants et jeunes ayant perdu la prise en charge parentale ou qui risque de la perdre à cause des aléas de la vie. SOS Villages d’Enfants contribue à donner à ces enfants et jeunes, la joie de vivre dans une famille aimante qui participe à leur développement. Ainsi, dans ce climat d’affection, l’enfant et le jeune confiants participent pleinement à leur autonomie. Toutes les actions de SOS Villages d’Enfants sont basées sur la convention relative aux droits de l’enfant et sur le plan national sur le code national de protection de l’enfant ainsi que d’autres documents et textes relatifs à la protection des enfants et jeunes.

Femme d’Afrique Magazine : Quelle est la situation de la femme centrafricaine sur le plan de l’autonomisation ?

Madame Mossoua : Je peux dire que la femme centrafricaine a été de tout temps très résiliente et n’a jamais résigné face aux nombreux défis auxquels elle fait face quotidiennement. Le niveau d’accompagnement à son égard reste faible malgré tout l’investissement consenti par le gouvernement ou les ONG dans le pays. Je pense, pour ma part, que tout doit commencer à un niveau plus bas, c’est-à-dire en encourageant les petites filles et filles à accéder à une éducation de qualité à travers les bourses scolaires, car il est souvent très difficile pour les filles d’aller un peu loin dans les études si elles ne sont pas accompagnées sur le plan financier. Ceci est très important, car l’éducation reste l’un des leviers de développement sur lequel il faut s’appuyer. En effet, plus les filles accèdent à une éducation de qualité, plus l’autonomie future est garantie. Il faudrait également faire en sorte que les femmes accèdent au micro crédit pour la réalisation des différents projets agricoles, commerciaux et autres.

Femme d’Afrique : Mot de la fin.

Madame Mossoua : Comme mot de la fin, c’est de dire merci à « Femme d’Afrique » pour cette opportunité qui m’a été donnée. Je suis fière de participer à cette émission qui donne la possibilité aux femmes non seulement de s’exprimer, mais de faire la promotion des apports des femmes dans les différents aspects de développement de leur pays. Vous faites du bon travail et faites la fierté de toutes les femmes africaines à « Femme d’Afrique » .

L'auteur

Christelle Mpongo, Éditrice Général, fondatrice du magazine Femme d'Afrique.

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