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Société : L’exercice éprouvant du commerce au Port de Liaki

Le port de Liaki constitue un grand atout destiné à consoler la population congolaise.  Plusieurs y vont pour s’approvisionner en maïs, fufu, braise, boissons de toute sorte et bien d’autres choses en grande quantité. La vie n’est pas toujours facile dans ce coin perdu de la capitale.

Lors de la récente descente du Magazine Femme d’Afrique, il s’est produit une scène de liesse difficile à décrire sur fond de bousculade, de cris et autres manifestations. Quelques femmes commerçantes abordées sur les lieux ont parlé de leur expérience, sans ambages. Tel est le cas de Madame Jacquie, commençante depuis deux ans et demi, mère de cinq enfants. Elle a fait état des circonstances difficiles dans lesquelles elles exercent leurs activités au port.  « Nous avons de l’expérience mais nous manquons juste de partenaires qui peuvent nous aider à bien fonctionner dans notre travail », a-t-elle déclaré. Et de poursuivre : « Notre commence nous permet de nourrir nos enfants et les scolariser grâce à la ristourne que nous faisons avec les autres. Avec un sac, nous avons la possibilité d’avoir au moins chaque jour un petit rien pour l’épargne personnel et aussi faire la ristourne avec les autres ». Elle ne plaint pas d’autant plus que la sécurité de ses biens est garantie. « Dans notre marché ici, nous  rencontrons pas de dérangement, tout est connu et bien surveillé par les agents du port. Le prix est bien connu de tous. Un sac revient à 2.500FC », a-t-elle ajouté.

Quant à Espérance, commerçante de braise depuis quelques années et mère de cinq enfants, elle venait encore de reprendre les activités après un long moment d’absence suite aux difficultés rencontrées dans son foyer. « Si j’ai repris avec ce commerce, c’est suite aux difficultés financières auxquelles ma famille était confrontée. C’est ainsi que j’ai jugé bon d’y retourner pour gagner ne fut-ce que le petit rien là au lieu de croiser les bras », a-t-elle expliqué.

Pour elle, rien n’a changé dans leur commerce. Les difficultés sont toujours les mêmes. « La vente n’est pas facile, la pluie dérange ces derniers temps, donc pas moyen de bien vendre. Nous ne sommes pas à l’abri du soleil ni de la pluie », explique-t-elle. Et d’enchainer, toujours avec la même franchise et la même loyauté : « Un sac revient à 15.000 FC. Lorsque nous vendons, on reçoit un bénéfice d’au moins 5000 FC par jour. Avec la vente, nous ne manquons pas ne fut-ce que 10.000FC. C’est grâce à cela que nous nous organisons pour faire le likelemba afin de payer le frais des enfants et d’autres nous servent à manger ». Cette dame implore par ailleurs les autorités étatiques afin d’aider les commerçantes du site Liaki  à travailler de manière à ce qu’elles se retrouvent dans leur vente.

Esthéticienne de formation, elle s’est retrouvée accidentellement dans le  commerce pour aider sa mère à renflouer les caisses de son petit commerce. « Nous vendons ce que nous trouvons sur le marché. De fois, nous sommes butés à un problème majeur causé par des commerçants restés au village. Ces derniers nous vendent à un prix élevé lorsqu’on va vers eux. Curieusement à Kinshasa, ils rabaissent le prix à un niveau où les clients préfèrent traiter directement avec eux que d’acheter auprès de nous ». 

Ses derniers mots sont ceux d’exhortation. «  Nous demandons aux autorités de revoir le prix fixé par rapport aux droits de la DGR et de travailler pour aménager le route et aussi, si possible, que l’État congolais mette lui-même à la disposition du commerçant des véhicules à louer pour sortir ses produits de la brousse à la ville.
Il n’y a pas de bonne route, la plupart sont en très mauvais état ».

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