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Culture

Sarah Ndele : ” Je n’ai pas choisi l’art, c’est plutôt l’art qui m’a choisi “

A la quête de la construction du passé de ses ancêtres comme une source d’inspiration, la jeune artiste développe un style dans un savoir-faire qui lui est propre. Formée à l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa dont elle sort diplômée en 2013, Sarah Ndele est une artiste plasticienne professionnelle. Comme qui dirait,  une nouvelle marque de son temps. Après ses études, elle est bel et bien partout. Lancée dans plusieurs projets dont elle sera conviée en 2018 à prendre part avec, à la clé, une résidence d’un mois à l’Ouest du Cameroun, elle y est revenue plus d’une fois avant d’être rappelée dans un musée.

Dès sa rentrée à Kinshasa, elle est vite révoltée vu que les circonstances ne cadraient pas avec cette autre dimension de l’art qu’elle incarnait. Elle s’est décidée d’immigrer dans les recherches de ses racines à travers la lecture. C’est dans la littérature qu’elle va trouver refuge. Et, elle s’en est bien tirée puisque son pèlerinage dans les belles-lettres de l’histoire africaine, lui a permis de puiser d’innombrables inspirations. Ces dernières l’ont poussé à signer de nouveau son retour en art plastique. Ambitieuse, créative, innovante, passionnée de l’art moderne et contemporaine, Sara Ndele livre un pan de son ingéniosité à travers une interview accordée à Femme d’Afrique.

Femme d’Afrique : Pourquoi avoir choisi l’Art plastique ?

Sarah Ndele ; Je n’ai pas choisi l’art mais c’est plutôt l’art qui m’a choisi et j’en ai dans mon sang. C’est ainsi que plus tard je me suis inscrite à l’Académie des Beaux -Arts de Kinshasa. Chacun a sa façon de s’exprimer et moi, c’est à travers mon art.

Qui est Sarah Ndele ?

Juste une femme déterminée à booster les lignes, une mère célibataire qui se bat pour sa fillette de six ans, une artiste plasticienne de son temps.

Comment s’inscrit votre démarche artistique ?

Je travaille tout autour d’une thématique que je nomme « Entretenir la racine ». Je la puise dans des recherches du passé de mes ancêtres telle une source de mon existence culturelle et historique au travers de leurs inventions, créations, vies au quotidien, rites etc, un héritage oublié de nos jours. Je m’inspire de ce que nos ancêtres ont fait comme arts. Ils avaient leurs propres matériels liés à leur environnement. Moi également, j’en ai mais c’est lié à mon milieu. D’où l’on voit le choix du plastique. Ce dernier, je le ramasse dans des poubelles, ensuite, je le recycle enfin de le concevoir comme un art proprement dit. A la manière d’une fable visuelle, je figure le récit des personnages aux masques que nos ancêtres portaient pour des cérémonies. Malheureusement de nos jours, cette pratique est perçue comme de la sorcellerie.  Je collectionne aussi des bouteilles en plastique et des morceaux de tissus pour nous pousser à réfléchir sur le rôle que nous avons dans la construction du monde, à notre part de responsabilité individuelle, tout en faisant du geste créatif un acte privilégié face aux problèmes liés à la pollution, à la dégradation et à l’altération de notre environnement.

Dans vos réalisations, quel est votre médium d’expression ?

J’en ai plusieurs. J’ai un médium de peinture et celui de plastique comme support. Le plastique, je l’explore en plusieurs dimensions.

Qui sont vos héroïnes favorites ?

Kimpa Vita. Je la vois comme une guerrière, une femme qui s’est imposée avec sa philosophie et qui a su influencer un plus grand nombre de gens. La reine Nzinga, une femme à la tête d’un grand royaume Kongo. Rosa Parks, Harriet Tubman des militantes et combattantes avec leurs actes de bravoure. Ma mère aussi comme toutes les mamans du, monde, fait partie de cette longue liste.

Parlez-nous de manière générale du festival Kasala ?

C’est un festival organisé par les femmes artistes de « Ndaku y’a la vie est belle ». Kasala est un moyen d’expression pour chaque artiste, un miroir pour être vu. Ce festival vise à valoriser et à renforcer les capacités des femmes artistes.

Quels sont vos projets d’avenir ?

Amener cet art dans les orphelinats, chez les filles mères, chez les enfants de la rue communément appelés « Schégués », ceux qui n’ont pas eu la chance d’aller à l’école.

Un mot de fin

Le jour où la femme saura ce qu’elle est, la connaissance de sa personne et de ses responsabilités, le monde changera.  Nous avons vu des femmes booster les lignes, marquer leurs époques tout en inspirant beaucoup de personnes jusqu’à bouleverser les clichés.

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