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Culture

Rituels de la dot chez les lubas

La RDC, pays à diversités culturelles et linguistiques, regorge en son sein plusieurs ethnies dont les balubas qui se démarquent dans ses us et coutumes, dans ses rituels de célébration du mariage coutumier, la dot constituant la consécration du mariage. Il faut savoir que chez les balubas, c’est le concept « ayant droit » dans la consommation de la dot qui prime. De régime patriarcal, la lignée du père dans sa succession familiale des garçons, est prise en compte quant à ce. D’où « le mulambu », « droit d’aînesse » ainsi que « l’offrande familiale », qui sont à respecter. Cela implique qu’un père Muluba ne consomme pas la dot de sa fille mais la destine à qui de droit.

Ainsi, il est difficile et rare à un père luba d’être l’ayant droit de la dot de sa propre fille, de la recevoir et de l’utiliser à sa guise. Pour y arriver, il faudrait avoir six ou sept filles. Et, après avoir honoré tous les « matumba » ou coins de la famille, il pourra ainsi espérer être l’ayant droit de la dot de sa dernière fille.

Voici les points essentiels à retenir de ces rituels :

Le proposé vient rencontrer les parents de sa future épouse pour une prise de contact et demander, de ce fait, la liste de la dot. Cette rencontre se fait sans aucune exigence de la part de sa belle famille. Au cas où le prétendant apporte une somme quelconque, cela est considéré comme un acompte à la dot.

La dot  

La dot évoque l’argent en liquide que le futur époux doit verser à la belle famille. Ici, le véritable ayant droit exprime ses desideratas de façon symbolique, car, il est dit chez les balubas « ku buku, nku diyala » (traduisez : dans les circonstances de la vie de tous les jours, le gendre aidera toujours sa belle famille). Ainsi donc, une dot n’est jamais terminée !

Le fusil « Tshingoma »

C’est le lien qui relie la mariée à sa famille patriarcale. Puisque celle-ci part dans sa nouvelle famille, elle doit cependant restée relier à la sienne par le fusil que donne son mari. Ce fusil servira de dot pour un éventuel mariage d’un frère de la mariée. Ainsi, la pérennité de la mariée sera assurée dans sa famille de sang.

La chèvre

Le « mbuji wa bakishi » ou la chèvre des ancêtres est un repas pour célébrer le mariage avec toute la communauté, les vivants comme les ancêtres à qui on demande bénédiction et protection pour la mariée. C’est la fête et la bouffe pour tous.

La chèvre de la virginité de la mariée

Celle-ci est destinée à la maman de la mariée en guise de fierté et de reconnaissance. Elle est obligatoire et doit être de taille.  Dans le cas contraire, la belle famille informe secrètement son gendre de ne pas aborder le sujet. 

A cela s’ajoute les habits des parents de la fille que le gendre doit prendre en charge. Enfin, en vue de manifester leur contentement, les parents de l’épouse offriront « le Nzolu ya baku », c’est-à-dire, le poulet sur pieds à la belle famille qui consommera seule dans le respect de « djitumbu » qui n’est rien d’autre que les parties internes du poulet.

 Il faut savoir qu’avec l’évolution des mœurs et l’influence du monde extérieur, les balubas du village restent conservateurs du rituel de la dot. Malgré la multiplicité de clans que compte cette ethnie, la dot est gérée partout de la même manière.

L'auteur

journaliste reporter depuis 2007

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