FDA Magazine
Santé

Renforcement des capacités : Les journalistes outillés en matière de santé sexuelle et reproductive

Le Réseau des journalistes pour la Santé Sexuelle et Reproductive (RJSSR) en partenariat avec  « Ipas, Makoki ya mwasi », ont organisé du 24 au 25 juin 2021, un atelier de renforcement des capacités sur les droits de santé sexuelle et reproductive au cercle Elais de Kinshasa. 

Prenant la parole à l’ouverture de ce forum, Mme Bibiche Mbete (Coordinatrice de la RJSSR), a donné les motivations ayant sous-tendu la tenue de cette rencontre à l’intention des professionnels des medias. Il s’est agi de leur permette d’être capables de défendre les questions de la santé sexuelle et reproductive ainsi que celles liées au droit car, a-t-elle dit, « la santé sexuelle  et reproductive est aussi une question de droit ». 

« Droits humains, droits sexuelles et reproductives et aussi droits à l’avortement sécurisé », telle est la thématique abordée au cours de cette rencontre. Pour la Coordinatrice de la RJSSR, il est plus qu’urgent que la population congolaise soit informée, que les uns et les autres soient au courant de ce qui se passe dans le pays et connaître également les lois. Car, soutient-elle, « lorsque l’on ne connaît pas ses droits et lois, on ne peut pas non plus les revendiquer ».

Et de souligner que le problème d’avortement fais aussi  partie intégrante des droits humains. « Nous avons voulu recadrer avec les journalistes le cadre légal de l’avortement en RDC », a-t-elle expliqué avant d’ajouter : « Nous connaissons la réalité en fait, nous savons que depuis 1940, nous avons un Code pénal et il est complément respectif par rapport aux questions d’avortement ».

« Une femme qui recourt à l’avortement quelles que soient les causes ou conditions, doit être poursuivie par la justice », dit la loi.  « C’est ce que le code pénal prévoit mais nous connaissons la réalité il y a des chiffres qui nous montrent l’ampleur des avortements en RDC (…) Cette pratique se fait de manière clandestine, ce qui provoque plusieurs décès maternels dans le pays et constitue l’une de grandes causes principales du taux élevé de la mortalité maternelle au pays », a indiqué Mme Bibiche Mbete. Et d’ajouter : « Pour combattre cela, il y a le Protocole de Maputo. C’est le document sur lequel nous nous basons pour parler de cette question parce qu’il est un instrument juridique ratifié pour la RDC et est le premier à autoriser le recours à l’avortement sécurisé ».

Pratiqué selon les normes établies par le ministère de la santé, pratiqué par des spécialistes, des personnes qualifiées dans des conditions reconnues, l’avortement est autorisé en cas de viol, inceste ou quand la grossesse met en danger la vie de la mère.

L’apport attendu des médias

C’est depuis 2018, rapporte la Coordinatrice de la RJSSR, que le Protocole de Maputo a été ratifié et le constat fait sur des cas d’avortement clandestin dans le pays est patent. Et d’ajouter : « Il y a encore des femmes qui continuent de mourir au pays et si cette pratique se poursuit, c’est tout simplement parce que les gens ne sont pas encore informés et comme ce sont les journalistes qui sont habilités à le faire, voilà pourquoi nous avons pris deux jours de formation pour le renforcement des capacités en cette matière et voir comment communiquer sur ce sujet qui jadis était tabou. Le journaliste doit apprendre à communiquer sur cette matière ».

Pour sa part, Me Serge a mis une emphase particulière sur la volonté politique censée caractériser les gouvernants car, a-t-il dit, le protocole est déjà ratifié, en principe, cela doit déjà être mis en application. « Si ça prend du temps, c’est parce que c’est un grand travail par rapport à l’environnement congolais et à la société ». Il a indiqué que cet atelier était censé donner aux journalistes les outils d’information nécessaires en matière de santé sexuelle et de reproduction afin de les aider à mieux exercer leur travail de sensibilisation et d’accompagnement à l’effort du gouvernement.    

« Ce protocole est très important dans sa disposition 14 qui parle de l’avortement médicalisé pour les femmes et filles congolaises », a conclu Me Serge relayé aussitôt par Me Arthur, le troisième intervenant. Ce dernier a estimé qu’il revient à l’Etat congolais de disponibiliser les moyens pour assurer une bonne communication étant entendu que beaucoup, à Kinshasa comme dans les provinces,  ne connaissent pas le contenu dudit Protocole. 

« C’est ainsi qu’en tant qu’experts, nous disons qu’il est important que le gouvernement de la République puisse mettre les moyens pour favoriser la vulgarisation à tous les niveaux. Il faudrait donner des moyens au Ministère du Genre, famille et enfant qui détient le guide de la vulgarisation de ce Protocole. On ne peut pas parler de limite du protocole de Maputo car il n’y en a pas déjà. Il faut savoir que ce Protocole a été ratifié sans réserve dans son entièreté », a renchérit Me Arthur.

En rapport avec ce Protocole de Maputo, la RDC a donc une certaine obligation vis-à-vis de l’Union Africaine qui tient à son application. Suivant les lois du pays, ce Texte tend à dépénaliser certaines dispositions du code pénal livre 2 sur la question de l’avortement.

L'auteur

Christelle Mpongo, Éditrice Général, fondatrice du magazine Femme d'Afrique.

Votre avis sur cet article