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Culture

RD. Congo : Les oubliés de 1960

Venus tous du Congo belge, ils constituaient une délégation de 103 membres. Ils  partirent de Léopoldville à la table ronde de Bruxelles. Une rencontre organisée en deux parties, d’abord du 20 janvier au 20 février et du 26 avril au 16 mai 1960 entre d’une part, les représentants politiques, religieux et coutumiers congolais et, d’autre part, les dirigeants publics et économiques belges. Cette manifestation a abouti à l’indépendance du Congo belge. Chacune de délégation avait un rôle à jouer.

Longtemps symbole de la bravoure et du passé glorieux, soixante ans après les assises de la table ronde de Bruxelles, certains personnages sont toujours méconnus, non seulement de la scène politique congolaise, mais surtout,  sont effacés de l’histoire du Congo belge.

Pourtant, ils ont été fondateurs et co-fondateurs du Congo indépendant. Votre magazine Femmes d’Afrique vous présente quelques portraits de ces hommes qui ont joué un rôle important dans les acquis de l’histoire politique du Congo belge. Pourquoi et comment ?

Suite aux journées insurrectionnelles de janvier 1959 à Léopoldville (actuel Kinshasa), les congolais s’employèrent tout au long de la même année à mener leur pays dans l’étude des projets de réformes notamment politique et économique. C’est ainsi qu’ils réclamèrent à la Belgique son indépendance immédiate dans la gestion du pouvoir public notamment les institutions de l’Etat qui étaient entre les mains des belges.

Des tractations politiques multiples s’engagèrent alors entre le gouvernement belge et les partis congolais jusqu’à occasionner deux conférences à Bruxelles baptisées « Table ronde ».   D’abord, en janvier-février 1960 pour la première table ronde relative aux questions politiques, à savoir, le fondement et l’organisation des institutions congolaises.

Ensuite entre avril-mai de la même année 1960, une deuxième conférence au Palais de Congrès à Bruxelles consacrée aux problèmes économiques, financiers et sociaux. Ce deuxième forum visait à rétablir la confiance, à assurer, à garantir et à maintenir les liens étroits entre la Belgique et son ancienne colonie. Que s’était-il passé pendant ces assises et quel était l’apport de ces personnages évoqués par votre magazine ? Entretien réalisé avec Munyanga Dilenga, Secrétaire administratif et Chef des travaux à l’Université Kimbanguiste à Kindu.

L’église Kimbanguiste, par ses pères fondateurs, n’est pas restée indifférente face à cette vague de l’émancipation. Ces pensées libératrices du Congo avaient ses précurseurs. Il s’agit, entre autres, de Simon Kimbangu (chef spirituel de l’église Kimbanguiste), de sa femme Maman MWILU et de ses enfants Joseph Diangenda, Daniel Kisolokele etc.  Chacun d’eux a écris sur la page de l’histoire politico religieux du Congo, actuelle République démocratique du Congo.

« L’histoire, on doit la connaitre mais de manière honnête ! », dixit le chef des travaux MUNYANGA DILENGA. Selon lui, la raison d’être de son regret est attribuée à « la mauvaise foi des historiens et des acteurs politiques congolais ». « On ne peut pas parler de l’histoire de l’émancipation du Congo belge sans faire allusion à certains héros qui sont restés dans l’ombre et qui ont aussi contribué de manière positive ».

Que s’était-il réellement passé à la table ronde?

Tout est parti, relate Secrétaire administratif de l’université Simon Kimbangu, de ce geste salvateur de Joseph DIANGENDA. Ce dernier avait engagé depuis Léopoldville, puisqu’il n’était pas sur le lieu à ces assises de la première table ronde du 20 janvier au 20 février, sur son propre fonds les honoraires de l’avocat français CROQUET pour défendre le dossier congolais à la table ronde de Bruxelles.

Son grand frère Charles Daniel KISOLOKELE par contre, lui était présent à Bruxelles. À la table ronde pour ne pas dire en réalité table carrée de Bruxelles, Daniel KISOLOKELE faisait partie de 103 délégués congolais, muni d’une somme importante d’argent que lui avait remis son frère Joseph DIANGENDA. Au cours des débats, les colons belges vont exiger de manière impromptue une caution immédiate de 40.000 Francs belges en guise de signatures par les délégués belges de l’Acte de l’indépendance sachant que la partie congolaise était pétrifiée par l’impuissance financière. Pas d’indépendance sans caution ! C’est alors que Daniel KISOLOKELE sorti de sa poche la somme exigée ».

Une émancipation préméditée ?

Déjà bien avant le temps d’éveil de la conscience collective des congolais, Simon Kimbangu est apparu vers 1921 au grand jour avec ces enseignements politico-religieux avisés sur la libération totale de la captivité de l’homme en général et des congolais en particulier. C’est alors que les idées de la libération commencèrent à naître par la suite dans le chef des acteurs politiques et sociaux congolais

a révélé le Secrétaire administratif et Chef des travaux à l’Université Kimbanguiste à Kindu.

Et de poursuivre :

C’est ainsi que le chemin fut balisé plus tard par la revendication populaire. Sur notre terre, nous assumerons les fonctions de ceux qui nous dominent aujourd’hui et nous serons le maitre chez nous comme ils le sont chez eux. Le Kongo sera libre et l’Afrique entière, un message prélude de Simon KIMBANGU. Toutes ces vérités ont été connues grâce à maman MWILU parce que c’est elle qui garda ces archives riches en connaissance.

Cette maman avait inculqué à ses enfants tous ces enseignements prémédités que son mari prêchait de son vivant. Femme d’exception, elle fut la première conseillère de son époux

a indiqué le chef des travaux MUNYANGA DILENGA.

Victoria NDAKA

L'auteur

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