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Éducation

Plaidoyer pour la scolarisation de la jeune fille

L’accès de la jeune fille à l’instruction, surtout dans les campagnes et autres milieux ruraux, pose encore un sérieux problème dans plu­sieurs Etats africains. Tout porte à croire qu’il relève d’une gageure, dans la mesure où il apparait, chaque année davan­tage, des pesanteurs traditionnelles qui annihilent tout effort d’évolution. 

En République démocratique du Con­go, le principal slogan de sensibilisation de l’opinion, conçu avec la collabora­tion des partenaires au développement à cet effet, est connu : toutes les filles à l’école ! Malgré les résultats perçus dans les grandes agglomérations du pays où les infrastructures scolaires sont assez visibles et organisées, il y a lieu de reconnaitre que le voeu pieux qui découle de ce slogan bute souvent sur des tares visiblement entretenues au sein et en défaveur des coins du pays réputés traditionnels ou reculés.

Dans les zones rurales, la scolarisation da la jeune fille ainsi que les efforts con­sentis à cet effet ne sont pas seulement soumis aux prismes socioculturels sur fond des clichés négatifs qui consa­crent sa déscolarisation au profit du garçon. Cette situation est également favorisée par une politique nationale qui ne financerait pas conséquemment l’organisation de l’éducation dans l’ar­rière-pays. En rapport avec la question de la scolarisation de la jeune fille dans les milieux ruraux, il apparait ain­si une problématique qui soit à la fois institutionnelle et traditionnelle.

Sur le plan de l’éducation, l’interven­tion efficace de l’Etat pour améliorer les conditions de scolarité de tous les enfants éradiquerait, même dans les zones rurales, le fait que la fille en âge scolaire, avec ses atouts et potential­ités, soit sujette à toutes les formes de discrimination et de mépris. l’Etat tire­rait un énorme bénéfice en encadrant son éducation.

 Aujourd’hui, malgré l’évolution timide des mentalités, les tendances doivent être inversées. Il est plus que temps de combattre les schémas surannés, les freins économiques et tous les facteurs qui favorisent le raccrochement sou­vent précoce de la jeune fille dans son parcours scolaire, sans atteindre le sta­de final de sa formation. A l’instar de l’ambition d’instaurer un fonds de sol­idarité pour la scolarisation de la fille francophone, telle que recommandée par le deuxième forum mondial des femmes francophones, à Kinshasa en Rd-Congo du 3 au 4 mars 2014, nos Etats devraient se doter des politiques qui incitent cette dernière à aller à l’école.

Ces politiques s’appuieront sur une législation et des mesures réglemen­taires nécessaires afin d’assurer l’accès effectif de la jeune fille à une éduca­tion… Selon les principes de la Parité consacrée dans les Constitutions des Etats, avec comme toile de fond, un esprit d’engagement urgent pour son égalité réelle avec le garçon. Cet ob­jectif devra constituer un défi à relever avec détermination pour changer pos­itivement la perception de la fille qui dispose d’atouts autant que le garçon, de compenser les effets causés par sa quasi-absence à l’école et de réparer les torts séculaires causés aux femmes toujours réduites à la seule dimension procréatrice.

La scolarisation de la jeune fille a le mérite d’aiguiller sa conscience par rapport aux tares de sa société, en la préparant à devenir une actrice à part entière du développement de son mi­lieu.

Pour Yamina Benguigui, ministre française à la Francophonie, les inves­tissements majeurs des Etats doivent se faire en faveur de la scolarisation des jeunes filles, sinon ceux-ci pourraient être amputés de plus de 50% de leurs capacités humaines à se développer.

Un crédo qui symbolise certes l’en­gagement de la gent féminine, mais qui est également un rêve susceptible d’être matérialisé. La femme, au même titre que l’homme, peut aussi partici­per efficacement à la transformation de la société si elle a eu la possibilité d’aller à l’école. La communauté est censée l’accompagner dans sa quête d’affranchissement des us et coutumes rétrogrades qui entravent son épanou­issement.

L'auteur

Christelle Mpongo, Éditrice Général, fondatrice du magazine Femme d'Afrique.

1 Comment

  1. Miyala Koné Coulibaly Répondre

    Bonjour Christelle félicitations encore pour le magazine et tu as tout mon soutient pour le plaidoyer pour la scolarisation de nos filles et sœurs dans tous les pays Africains parce que c’est grâce à cette scolarisation nous sommes devenues aujourd’hui de belles dames fortes dynamiques ambitieuses pour nos familles et nos pays. Beaucoup de courage et que Dieu te bénisse d’avantage.

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