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Marguerite Mulombo: « Il est temps de reconnaître le rôle et l’apport décisifs de la femme rurale dans l’amélioration de la sécurité alimentaire et l’élimination de la pauvreté »

En marge de la célébration de la journée mondiale de la femme rurale, ce 15 octobre, les femmes leaders du territoire de Demba, dans la province du Kasaï Central, ne sont pas restées indifférentes.

Réunies au sein du « Cadre de concertation de la société civile locale », ces femmes leaders ont statué sur leur accès jusqu’ici difficile aux travaux et services sociaux de base. Elles haussent le ton pour décrier la faible représentativité des femmes rurales dans la gestion de leur entité et des différents services para-étatiques.

Au cours d’un entretien téléphonique avec magazinefemmesd’afrique.net, la vice-présidente de ce consortium des organisations de la société civile a fait savoir que sur une quarantaine de divisions, celle du genre, famille et enfant est gérée par une femme. En outre, deux femmes sont préfets des établissements secondaires et deux autres chapeautent les écoles primaires sur plus de 300 institutions éparpillées à Demba.

Ce tableau sombre pousse Marguerite Mulomba Muya à réveiller ses pairs afin qu’elles prennent conscience de leurs responsabilités.

Par ailleurs, elle précise que plus de 80% des femmes rurales de Demba s’adonnent aux travaux de champs. Elles jouent un rôle capital dans la sécurité alimentaire à travers leur implication dans les travaux agricoles.

 » Les femmes de Demba que nous dirigeons ne travaillent qu’en brousse. Travailler au bureau, pour elles, c’est encore une maladie ici. Mais elles gèrent des associations paysannes et autres unités de production agricole à Demba. Je peux vous assurer que plus de 80% sont impliquées dans la force agricole. », souligne-t-elle.

Et d’ajouter :  » je pense qu’il est temps de reconnaître le rôle et l’apport décisifs des femmes rurales, notamment autochtones de la région du Kasaï, dans la promotion du développement agricole, l’amélioration de la sécurité alimentaire et l’élimination de la famine dans nos communautés ».

Néanmoins, Mme Mulomba déplore le manque de cette couche que ce soit par l’État congolais ni par ses partenaires dans ces travaux, raison pour laquelle la production est faible chaque saison.

 » Les femmes n’ont que ça comme boulots, mais localement, elles n’ont jamais bénéficié de financement. Il faut qu’on puisse nous venir en aide avec les intrants pour le développement réel. Je peux vous dire que ce sont elles qui ravitaillent Kananga en maïs et manioc parce que 80% sont aux champs. »

Notons que dans la province du Kasaï Central, aucune organisation ne s’est impliquée dans la célébration de cette journée jusqu’ici.

Jean Claude Ngalamulume Bakamubia

L'auteur

Christelle Mpongo, Éditrice Général, fondatrice du magazine Femme d'Afrique.

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