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Interview

Madeleine Mbongo Mpasi : « Ce qui nous reste c’est de gagner la parité au niveau mental, psychologique et professionnel »

Par son charme architectural sur ses épidermes à la couleur du miel au nez étroit, lèvres minces avec un visage d’un bel ovale au sourire spontané, Madeleine Mbongo Mpasi est une professeure d’université. Docteur en Sciences de l’information et de la communication, elle dévoile toute sa beauté intellectuelle au contact de la communauté scientifique. Spécialisée dans les approches théoriques du journalisme, elle s’illustre par ses nombreuses productions scientifiques, mais aussi, par sa quête permanente d’une méthodologie journalistique fondée sur « l’écriture prospective ». Promue en 2016 Cheffe des départements de la communication, elle occupera plus tard, en novembre 2018, le poste de Secrétaire Général Administratif à l’Ifasic. Taraudée par la problématique de l’émancipation de la femme en RDC, elle livre ici sa lecture des faits au Magazine « Femme d’Afrique ».

Femme d’Afrique : Quels sentiments éprouvez-vous à l’égard des femmes qui revendiquent la parité ?

 Madeleine Mbongo Mpasi : Un sentiment de fierté. Vous savez dans quelles conditions la femme a vécu dans les sociétés antiques, voire assez récemment aussi. Voilà pourquoi  la journée du 08 mars doit être perçue comme étant une reconnaissance internationale de la femme, un couronnement de ses efforts et une consécration de ses droits, de ses responsabilités sociétales et du rôle qui est le sien, s’étendant à des degrés très variés au sein de la société moderne. C’est l’occasion de sensibiliser et d’appeler à la prise de conscience des femmes elles-mêmes. Une façon de dire à celles-ci, vous aussi êtes capables de jouer un rôle majeur dans la société en dehors des tâches de la maternité, de ménage et des tâches éducationnelles.

Pour résumer mon propos là-dessus, j’encourage les efforts louables que certaines femmes se sont données pour parvenir à la Parité et montrer à quel point la femme peut bien rivaliser avec l’homme dans la gestion même de la cité.

Selon vous, quel est le sens même de la Parité ?

Le sens que moi j’entends donner à la Parité, c’est l’équilibre générique au sein de l’espèce humaine, c’est très important. En d’autres termes,  j’évoque ici l’égalité de traitement, de considération et autres avantages sociaux entre l’homme et la femme. Parce qu’en ce qui concerne la question du Genre, l’homme a été seul au monde quant à la responsabilité sociale, la femme étant assignée aux travaux de ménages et à la garde des enfants. En dépit du fait que ces pratiques demeurent encore d’actualité dans certains pays, coins et localités, il faut saluer le fait que la Parité soit devenue un principe constitutionnel. Les batailles de la légalisation ont été dépassées, ce qui nous reste, c’est de gagner cette pratique de la Parité homme-femme au niveau mental, psychologique et professionnel. On sait que les femmes naviguent entre l’égalité et l’apartheid. C’est aussi le gouffre qu’il y a à combler.

Comment s’y prendre étant une femme en milieu professionnel surtout que vous en faites partie ?

Ma contribution s’évalue dans le cadre de ma profession de femme enseignante. Dans les auditoires devant les étudiants, dans des conférences et même dans les médias, j’essaie de donner le ton. J’en appelle à la prise de conscience des questions liées à la femme. Je mobilise et transmets des valeurs sociétales aux jeunes filles. Je tire aussi l’attention sur le risque de voir ce combat basculer dans le sens des simples slogans chaque année sans réels efforts consentis quant à l’émancipation effective de la femme. Mais, je pense aussi qu’il nous faut une réelle volonté politique sans laquelle les conditions d’applicabilité de la question féminine seront nulles et de nul effet. C’est le pouvoir politique et la classe dirigeante qui doivent stimuler les efforts en vue d’exploiter aussi les compétences et les talents féminins.

Etre professeur en même temps mère et épouse, comment assumez-vous une telle responsabilité ?

L’avantage que la femme peut avoir sur son partenaire homme, c’est qu’elle peut être à la fois présente au foyer et au travail. Elle peut bien prendre soin de son mari, de ses enfants et ne pas déroger à ses tâches professionnelles. Je vous garantis qu’une femme ministre ne dit jamais adieu à la cuisine. J’ai la grâce d’avoir un mari professeur d’université comme moi. Nous partageons les mêmes bureaux. Donc, il me comprend assez facilement. Mais, cela ne me dédouane pas de mes responsabilités en tant qu’épouse et mère. Je sais quand servir mon mari, quand me rendre au travail et rentrer à l’heure à la maison en vue de garder une bonne relation filiale avec les enfants.

Quel message adressez-vous à ceux qui vous liront ?

Je lance cet appel à l’endroit des hommes, mais plus particulièrement aux femmes de s’approprier cette lutte et d’en faire un vrai cheval de bataille jusqu’à ce que les pendules soient remis à l’heure. En tout cas, la femme ne doit pas se taire ! Attention tout de même à cette dimension festive qui a pris de l’ascendance dans la société congolaise et africaine au point de reléguer la réflexion au second plan. La question du Genre ne se réduit pas au port des pagnes sans savoir où l’on va, ni pénétrer la quintessence du réel engagement.

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