FDA Magazine
Culture

Lorsque les Mauritaniennes désacralisent le mariage et célèbrent le divorce!

Il est certes vrai qu’en Afrique, on regorge beaucoup des us et coutumes, et que la tradition s’impose au même moment, mais la vérité est que toutes ces coutumes ne se valent ni ne se ressemblent. Il y a toujours des traits de différences selon les régions et les milieux. Cependant, le seul point de convergence est se définit par rapport à la valeur de la femme qui ne peut être mise en valeur que par le mariage. En effet, le mariage en Afrique est perçu comme un motif de reclassement social, ou mieux, un facteur de positionnement, et surtout, de considération pour la femme. A contrario, le divorce est généralement mal digéré dans ces sociétés africaines qui idéalisent l’union entre l’homme et la femme. La séparation entre conjoints passe dans l’imaginaire collectif pour une malédiction ou un mauvais sort. La personne divorcée est souvent considérée comme celle qui a raté sa vie et, par conséquent, est vouée à une vie misérable, sans espoir de rattrapage. 

 

En Mauritanie, la réalité est toute autre. La femme célèbre son divorce avec des danses et organise une cérémonie pour ledit évènement qui symbolise une certaine remise en liberté. Avant que le divorce ne soit réellement consommé, les prescrits de l’islam imposent que la femme sortie fraichement du mariage soit examinée endéans trois mois afin de se rassurer qu’elle n’est pas enceinte.

Dans cette partie du continent, les femmes ont acquis une certaine liberté et un pouvoir que même le divorce ne peut enlever contrairement à d’autres pays africains où les divorcées sont en général très mal vues, jugées et condamnées. 

En Mauritanie, plus une femme divorce, plus elle a de la valeur et jouit d’une certaine considération aux yeux des hommes. C’est l’un des pays africains qui détient le plus grand taux de divorce au monde. Mais paradoxalement, les traditions sont très conservatrices. La société mauritanienne a banalisé le divorce. Une femme peut divorcer plus de trois fois sans être marginalisée comme cela se fait dans d’autres cultures africaines.

Dans une République Islamique où l’alcool est interdit et le blasphème passible d’une peine de mort, ceci peut paraitre très surprenant. En raison de la prohibition de l’adultère par la loi, les femmes mauritaniennes se marient très tôt et très jeunes pour éviter le dévergondage. Le résultat est pour le moins surprenant. Les femmes n’hésitent pas à quitter leur mariage forcé et sans amour, sans peur de se faire rejeter.

Une réputation qui s’explique par plusieurs facteurs. D’une part, la défection des hommes qui n’arrivent plus à subvenir aux charges de la famille parfois reconstituée. Mais il y a surtout le facteur culturel qui voudrait que la femme mauritanienne soit une femme forte et émancipée. Contrairement aux nombreux pays arabes où la femme est fortement dépendante des décisions de la communauté masculine, en Mauritanie, elles pèsent pour beaucoup dans les instances de décision.

D’ailleurs, bien qu’elles soient dans un pays islamique, les Mauritaniennes acceptent difficilement la polygamie. Certains hommes sont obligés de se marier en cachette. Mais quand cela est découvert par leur épouse, c’est le divorce assuré. « Le problème avec les hommes, c’est qu’ils aiment trop les femmes, or la femme mauritanienne est jalouse !”, confie une mauritanienne divorcée à Femme d’Afrique Magazine.

La morale de tout ceci est que chaque pays a ses traditions. Ce qui peut paraitre normal chez les uns ne peut pas forcément l’être chez les autres. La Mauritanie fait partie des exceptions d’une tendance générale qui veut que la femme soit constamment sous la coupe de l‘homme qui peut en disposer comme il l’entend. La société mauritanienne a donné à la femme la possibilité de mettre fin unilatéralement à une relation de couple dès lors que ses intérêts ne sont pas pris en compte. L’indépendance et l’autonomie à laquelle aspire la femme mauritanienne tend à lettre en péril l‘institution Mariage qui a beaucoup perdu de son prestige dans un Etat s’est affranchi des contrainte qu’impose la vie de couple.

 

                     

L'auteur

Christelle Mpongo, Éditrice Général, fondatrice du magazine Femme d'Afrique.

Votre avis sur cet article