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Société

La RDC parmi les pays où les abus sexuels sont commis sur les religieuses

Le voile sur le scandale des religieuses violées s’est finalement déchiré pour remettre en lumière tout ce qui se disait en sourdine sur les abus sexuels commis sur les sœurs religieuses congolaises. Si le phénomène peut se rencontrer partout, il est tout aussi présent en RDC.

Des sources concordantes, il revient que la révélation émane du Pape François. En admettant que des prêtres se sont servis de religieuses comme “esclaves sexuelles”, et que certains continuent à le faire, le pape a ouvert un nouveau et sombre chapitre dans le scandale des abus sexuels qui a toujours ébranlé l’Eglise catholique.

Et la RDC est citée parmi les pays qui n’en font pas exception. Ainsi, des abus sur des religieuses ont été dénoncés du Chili à la République Démocratique du Congo, en Italie, au Kenya, au Pérou ou encore en Ukraine. En Inde, une religieuse a récemment accusé un évêque de l’avoir violée à de nombreuses reprises.

Véritable Scandale

Alors qu’il se trouvait dans l’avion qui le ramenait à Rome mardi 4 février, le pape François qui répondait aux questions des journalistes a reconnu que des prêtres et des évêques avaient commis des agressions sexuelles sur des religieuses.

“C’est la première fois que le pape, mais aussi l’Eglise en tant qu’institution, admet que ces abus ont lieu, et c’est extrêmement important”, assure Lucetta Scaraffia, rédactrice en chef de « Women Church World”, le supplément féminin du journal du Vatican, l’Osservatore Romano.

Certains prêtres de paroisses profitaient de quelques sollicitations pour demander en échange une faveur sexuelle. Sœur Mary Lembo, religieuse togolaise, prépare une thèse de doctorat sur les liens entre prêtres et religieuses en Afrique, à l’Institut de psychologie de l’Université grégorienne, à Rome.

Selon elle, pour protéger les consacrées africaines, “Il faut mettre en place plus de moyens pour fixer les limites dans les relations. Il faut leur apprendre à découvrir les stratagèmes du prêtre ›prédateur’, à déceler des sollicitations pour dire non tout de suite”, décrypte-t-elle, ajoutant qu’il faut apprendre aux victimes à dénoncer.

Difficile de dénoncer

Une autre victime, au Canada, explique à Marie-Paul Ross la difficulté de dénoncer son violeur. “Quand on aime l’Église”, avoue Lucie, “c’est difficile de la dénoncer. Quand j’essayais d’en parler, de dire la vérité, personne n’écoutait.”

“Ceux qui m’appuyaient sont demeurés silencieux. Il y a même des religieuses qui m’ont battue, physiquement. Ils disaient que je voulais détruire l’Église, que j’étais une démone.”

Beaucoup de sœurs ont avorté

Sœur Marie-Paul est tourmentée par des images imprimées dans son esprit. “J’ai rencontré des sœurs qui ont avorté. Elles sont souvent en dépression et malades. Certaines se sont suicidées.”

Elle évoque les secrets de femmes exposées à des déviations extrêmes. La religieuse s’est tournée vers un évêque de Montréal pour sonner l’alerte

L’enquête s’est rendue en Afrique à la rencontre d’une religieuse nommée Constance. “Beaucoup de sœurs ont subi des abus. Les mères supérieures s’entendent avec les prêtres. Ils leur donnent de l’argent et on fait croire à la religieuse que c’est un travail pour leur congrégation. Mais quand la sœur arrive, elle se rend compte que c’est de la prostitution.”

Le Pape François a rendu hommage à son successeur, Benoît XVI, qui avait eu le “courage de dissoudre une congrégation féminine où s’était installé cet esclavage des femmes, allant jusqu’à l’esclavage sexuel des clercs et par le Fondateur”, a-t-il salué.

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