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Éducation

La mode en milieu universitaire

Une large opinion se plaint aujourd’hui de  l’habillement adulé par des filles de  Kinshasa, particulièrement en milieu universitaire. Par leur accoutrement d’aujourd’hui, elles sont jugées d’avoir perdues leurs valeurs morales et culturelles. Le constat est amer et la question est celle de savoir pourquoi les sites universitaires sont devenus des temples de la mode avilissante de la jeune fille ?

La société congolaise est une société du paraitre et la mode change à une al­lure démesurée sur les sites universitaires en Rd-Congo tant le style «slim» est dev­enu très prisé par la nouvelle généra­tion. En effet, les étudiantes de Kinsha­sa copient abusivement l’habillement et la coiffure des stars américaines de la musique et de cinéma.

Pour venir aux cours, les étudiantes ne lésinent plus sur les tenues frisant l’obscénité et la légèreté: pantalons collants à taille-basse, profonds décol­letés dénudant la poitrine, jupes ul­tra-courtes pour exposer les cuisses et autres chaussures hauts-talons… Du coup, on ne sait plus distinguer une étudiante et une star de la mu­sique.`«Dans le temps, il était difficile de voir la femme congolaise exposer une partie intime de son corps parce qu’elle s’habillait décemment, toujo­urs en pagne ou en jupe et sujette à la fierté et l’admiration de la part du public», précise, avec nostalgie, Martin, 45 ans et chauffeur de taxi. Ce dernier reconnait qu’à partir de son habille­ment, on pouvait facilement identifier et reconnaître la femme congolaise, zaïroise à l’époque.

Au nom de la liberté

Autres temps, autres moeurs ! Les uni­versités congolaises se sont curieuse­ment érigées en des espaces où les jeunes filles s’habillent de manière in­due parce que trop accaparées par la mode indécente. Parmi les raisons à la base de ce dérapage vestimentaire déplorable des étudiantes de Kinsha­sa, il y a le libertinage et le snobisme. Au nom de ce qu’elles croient être la modernité, des jeunes filles universi­taires se croient tout permis, même en exposant toute l’anatomie sans respect de soi-même, des parents et du public.

L’on peut se rendre compte que la manière de s’habiller de certaines filles dans les universités de Kinshasa frise le scandale. Cependant, en éprouvant beaucoup de difficultés même pour s’asseoir, elles sont conscientes qu’elles s’habillent souvent honteusement et attentent à la pudeur.

Une enquête menée par le magazine «Femme d’Afrique» dans les différents sites universitaires de Kinshasa révèle qu’au-delà de l’éthique, le problème de l’habillement chez les étudiantes de Kinshasa est même considéré comme un débat dépassé, car cela dépend de la culture de chacune d’elles, des goûts et des couleurs. «Ici par exemple, il y a certaines étudiantes qui essaient de s’habiller de manière à ne pas offens­er les bonnes consciences, mais d’au­tres le font expressément et on ignore ce qu’elles cherchent par ce compor­tement», a confié Jonathan, étudiant à Institut supérieur de commerce de Kinshasa.

Certaines voix se sont levées jusqu’à qualifier cette légèreté vestimentaire des étudiantes de «violence faite aux hommes». D’autres estiment que cette légèreté façon de se vêtir de certaines filles serait à la base des faits déplor­ables, notamment les viols, l’inceste, le harcèlement, l’impudicité, le voyeur­isme, l’adultère etc… Pour Naomie, étudiante à l’Institut facultaire des sci­ences de l’information et de la com­munication, les filles «transposent di­rectement ce que nous voyons à la télé sans tenir compte de notre environne­ment ; or ce qui est bon pour l’occident ne l’est pas forcément pour nous».

Cependant, toutes les filles ne sont pas emportées par la vague de la mode. «Avec tout ce qui vient de l’occident, il y a moyen de l’adapter, en s’habillant correctement et être appréciée. Quand on s’habille décemment, on a de la val­eur et de la considération. Ce n’est pas intéressant d’exposer ses parties in­times au nom de la mode moderne», a indiqué une étudiante en terminale à l’Université de Kinshasa.

Pagne obligatoire

Pour certains parents, ce style vesti­mentaire est considéré comme une incitation directe à une prostitution qui ne dit pas son nom. D’autant plus qu’il y a des filles qui partent de chez elles avec des vêtements décents pour les échanger une fois arrivées à l’Uni­versité. Pour leur part, les enseignants s’en plaignent souvent, mais sont im­puissants face à ce phénomène. Ils sont convaincus qu’une telle tâche de redresser ce tort revient en principe à l’autorité publique.

Pour résorber ce phénomène, dans certains établissements de l’enseigne­ment supérieur et universitaire, les au­torités académiques ont carrément im­posé le port du pagne aux étudiantes. C’est le cas de l’Institut supérieur de commerce (ISC/Kinshasa) et de l’In­stitut supérieur pédagogique (ISP/ Gombe) où les filles doivent obliga­toirement s’habiller en pagne deux fois par semaine pendant que le tandis que les garçons sont astreints à nouer la cravate.

L'auteur

Christelle Mpongo, Éditrice Général, fondatrice du magazine Femme d'Afrique.

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