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Economie

Kinshasa : Libongo sur la route du fleuve Congo

Située à l’Est de la capitale de Kinshasa en République démocratique du Congo, les ports se baignent le long des rives du fleuve Congo offrant, à toute heure, un assortiment des faits et des fictions. C’est un véritable havre des produits locaux en provenance de l’arrière-pays. Une richesse de la diversité des produits culturels issus des différentes ethnies qui y débarquent régulièrement à intervalle d’une semaine.  Les acheteurs se l’arrachent à coup de pieds pour s’approvisionner. Des paniers de poissons frais et fumés bien fagotés, des viandes boucanées, des bœufs, des gibiers, des tortues, des escargots, des courges empilées les uns sur les autres, des sacs de maniocs, de maïs et braises etc, tout y est, ou presque, pour tous les goûts et toutes les bourses.

Libongo sur la route du fleuve Congo, embarquement immédiat !

Un mercredi, au petit matin, arrivé au port Liaki, le spectacle est permanent. Le quotidien oscille entre le désordre ambiant et la cacophonie des commerçants qui s’entrelacent tels des guêpes pour y accéder. Une foule immense. Des frissons garantis ! « C’est mercredi marché », explique une commerçante trouvée sur place.

Après presqu’une semaine de navigation parsemé des risques de naufrage sur le fleuve Congo, entre le calvaire des piqûres des moustiques et les conditions infrahumaines des passagers, le déchargement des marchandises dans des baleinières accostées au port, relève d’un parcours de combattant. Les passagers sont pris d’assauts dès leur débarquement.

« Il faut être souple, c’est-à-dire être vigilant et avoir un corps athlétique pour se faufiler entre les acheteurs qui veulent être servis en premier et les services de l’Etat chargé du contrôle »,

explique un des pèlerins.

Et de poursuivre :

« Dans des ports, il existe une meute de faux agents qui s’annoncent à chaque arrivée des bateaux pour tracasser les voyageurs. Sous prétexte d’opérer des vérifications des taxes payées, ils contrôlent les marchandises et ne repartent qu’après avoir arraché quelques produits ».

Répondant à la question soulevée sur la tracasserie policière, l’agent de l’ordre rétorque : « Nous percevons chaque jour des taxes illégales aux ports. C’est inacceptable ».

La légendaire hospitalité des commerçants se vit au quotidien dans les ports. Une ambiance bourdonnante du marché populaire s’y installe.  Des disputes au rendez-vous habituel d’un côté et de l’autre, l’omniprésence de la foi est de mise. Des groupes évangéliques qui viennent renforcer la foi en Christ à travers des prédications sont présents. La prière s’enchaine au fil de la journée. Le crédo est connu : chasser les mauvais esprits qui rôdent tout autour des enfants de Dieu. Pendant la prédication, un panier est disposé pour recueillir les offrandes des commerçants du port qui, peut-être, n’ont pas eu le temps de se rendre à leur église habituelle.

Non loin du Port Liaki, des pêcheurs traditionnels parcourent tous les jours les kilomètres du fleuve. Ils y pêchent des tilapias et autres espèces. Les pêcheries sont encore une source importante de revenus et d’emplois dans cette région.

“Les souffles du fleuve Congo ne donnent la vie pas à tous”

Avec ses marchés à ciel ouvert, les ports de Libongo rythment au pas du fleuve Congo. Sans le fleuve Congo, ces ports de Kinshasa, qui passent pour le baromètre de l’économie de la capitale congolaise, n’existeront pas. « Je ne vis que du fleuve », telle est la rengaine que ressassent, à longueur de journée, les commerçants opérant sur le site fluvial.

Aux saveurs sauvages, le fleuve Congo permet aux paysans, aux pêcheurs des poissons (un don des eaux du fleuve) ainsi qu’aux commerçants fluviaux, de vendre leurs marchandises en provenance de la brousse, du village, des villes du pays etc via des allers et retours.

Fleuve Congo, un père qui ne nourrit pas toutes les bouches. Les paysans et les commerçants produisent à la quantité de leur possibilité. Le pouvoir public qui a du mal à élaborer une bonne politique de mobilisation des recettes, a intérêt à se pencher sérieusement sur la problématique du fleuve Congo qui souffre d’un déficit d’investissement pour mieux répondre aux attentes des congolais sur le pan alimentaire.   

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