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KASAÏ : LA JEUNE ROMANCIÈRE TSHIAMA MET SA PLUME AU PROFIT DE LA PAIX ET DE LA RÉCONCILIATION

Alexandre Tshiama Mamba est cette jeune romancière de la ville de Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï Central qui s’est révélée en 2020 et œuvre dans plusieurs domaines en faveur de la paix et de la réconciliation au sein des communautés ayant fait face à un conflit dans la région Centre de la République démocratique du Congo.

Dans sa deuxième œuvre littéraire dénommée  » Une vie tragique », elle est partie du principe selon lequel les conflits et les divergences doivent être réglés par des moyens pacifiques tels que la méditation et la recherche de l’inclusivité. Tshiama Mamba révèle que les nombreuses guerres qu’a connu le monde entier témoignent de l’importance des facteurs essentiels de réalisation de la paix et de la sécurité que constituent la pluralité et le dialogue. Pour elle, ce respect de la différence est le seul moyen de parvenir à l’unité.

 » Je suis convaincue que les chefs coutumiers doivent être au cœur des processus de prévention des conflits, de médiation, de réconciliation et de rétablissement de la paix. Les autorités peuvent ouvrir la voie en montrant comment travailler ensemble au-delà des clivages politiques, culturels ou religieux et en nouant un dialogue constructif comme moyen de régler les conflits », écrit-elle dans son livre.

Initiatrice du Centre culturel de la Jeunesse centre kasaienne (CCJCKA), Alexandre Tshiama Mamba est considérée actuellement par les opérateurs culturels de la place comme actrice de la renaissance culturelle pour avoir rédigé et publié officiellement deux livres en l’espace d’une année et aussi mis en place un cadre d’encadrement des jeunes et promotion de l’art kasaien.

Son engagement et sa détermination sont loués par le Directeur provincial de la Bibliothèque nationale congolaise (BNC) qui dit avoir pour la première fois enregistré une femme comme écrivaine à son service .

Dans le bouquin « Une vie tragique », l’auteur développe 21 scénettes à travers lesquelles, elle démontre la suprématie et la défaillance des forces loyalistes, la part des autorités traditionnelles dans le déclenchement et la résolution des conflits ainsi que l’apport de l’Etat congolais. Ce, en se référant à la région du Kasaï qui a connu une flambée de violences à la suite des affrontements entre les Fardc et les éléments de la milice du mouvement politico-coutumier de Kamuina Nsapu entre 2017-2018.

La mise en scène de cette pièce théâtrale lors de la cérémonie de vernissage du livre le 02 octobre dernier, a opéré de nombreux changements. Les participants ont apporté des contributions financières à titre personnel en faveur des déplacés. L’auditeur militaire supérieur et autres autorités présentes, ont pu discuter sur certains problèmes pouvant contribuer à aider les groupes et parties intéressées à être impliqués dans le processus de dialogue et de prise des décisions.

Notons également que Tshiama propose des recommandations et un soutien pratique pour surmonter certains obstacles et goulots d’étranglement qui se présentent au sein des communautés kasaiennes.

L’auteur encourage, par ailleurs, les échanges entre les gouvernants, les élus, les chefs coutumiers et les membres des communautés dans leur ensemble, à contribuer à la réconciliation grâce à la cicatrisation des blessures du passé et à l’édification des sociétés viables.

 » Je suis persuadée que les conflits peuvent être évités grâce à la médiation et à la rencontre des parties opposées en vue de régler un différend. La diplomatie de l’Etat congolais peut permettre à jouer un rôle clé. C’est ma manière de parler à toutes les parties. Je suis native d’ici, j’ai vécu ces conflits. Nous n’avons pas beaucoup de moyens pour faciliter ces échanges. Nous sommes prêts à jouer ces scénettes partout dans nos villages pour sensibiliser les gens mais nous n’avons pas beaucoup de moyens financiers. Il faut beaucoup d’argents pour réunir cette logistique. Ce n’est pas facile de réaliser cette activité », explique-t-elle.

Notons que cette Kanangaise âgée d’une trentaine d’années, licenciée en droit public de l’Université Notre Dame du Kasaï (UKA), est pleine d’ambitions pour sa province et son pays. Alexandre Tshiama Mamba est un modèle pour ses pairs qu’elle exhorte à l’abnégation dans leurs secteurs spécifiques en vue de rendre effective, l’autonomisation des femmes congolaises.

Jean Claude Ngalamulume Bakamubia
(Correspondance particulière)

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