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Interview

Dr Rita BISSOONAUTH « L’UA/CIEFFA travaille en étroite collaboration avec les États membres de l’UA, le gouvernement, la société civile et les partenaires internationaux pour mettre en œuvre son programme et ses activités.

Une femme brillante, talentueuse, avec un cursus digne d’éloges, Dr Rita BISSOONAUTH est chef de mission du Centre International de l’Union Africaine pour l’Education des filles et des femmes en Afrique. Dans une interview exclusive accordée à Femme d’Afrique Magazine, elle nous parle de l’AU/CIEFFA (le Centre International de l’Union Africaine pour l’Education des filles et des femmes  en Afrique).    

Femme d’Afrique Magazine : Qui est Dr Rita BISSOONAUTH?

Dr Rita BISSOONAUTH : Je suis tout d’abord une maman de 02 enfants, une épouse et ensuite Chef de Mission Diplomatique du Centre International de l’Union Africaine pour l’Education des filles et des femmes en Afrique (UA/CIEFFA), une institution spécialisée de l’Union Africaine basée à Ouagadougou au Burkina Faso.

Avant de déménager à Ouagadougou au Burkina Faso, j’étais fonctionnaire principale en éducation pendant cinq ans à la Commission de l’Union africaine à Addis-Abeba, et avant Maître de conférences/Professeure au Mauritius Institute of Education à l’Ile Maurice et à l’Université du Québec à Montréal, au Canada, enseignant la biochimie, la biologie moléculaire, l’enseignement des sciences et la recherche en éducation relative à l’environnement pendant 10 ans.

Femme d’Afrique Magazine : Parlez- nous de l’UA/CIEFFA (le Centre International de l’Union Africaine pour l’Education des filles et des femmes en Afrique) ?

Dr Rita BISSOONAUTH : L’UA/CIEFFA est une institution spécialisée de l’Union Africaine depuis 2004, qui s’occupe de l’éducation des femmes et des filles conformément à la décision Assembly/AU/DEC.44 (III). Le centre est situé à Ouagadougou (Burkina Faso).

L’UA/CIEFFA a pour mandat la promotion de l’éducation des filles et des femmes en Afrique ainsi que la coordination des actions et des interventions avec toutes les parties prenantes concernées travaillant ensemble à l’autonomisation économique, sociale et culturelle des femmes, en se fondant sur l’Agenda 2063 et les stratégies de l’UA comme la Stratégie d’éducation continentale pour l’Afrique (CESA 16-25) et la Stratégie africaine en matière de science, de technologie et d’innovation en Afrique (STISA 2024).

L’UA/CIEFFA travaille en étroite collaboration avec les États membres de l’UA et le gouvernement, la société civile et les partenaires internationaux pour mettre en œuvre son programme et ses activités. Elle entretient également des relations de travail spécifiques avec l’UNESCO, l’UNICEF, la Norvège, le Canada, le Plan International, Save the Children, l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA) et le Forum des éducatrices africaines (FAWE).

Femme d’Afrique Magazine : Quels sont les facteurs clés pour accroître la participation des filles aux STIM et réduire la fracture numérique entre les sexes ?

Dr Rita BISSOONAUTH : Les femmes dans le monde poursuivant une carrière scientifique ne sont que 28 %, et seulement 30 % des professionnels dans les domaines scientifiques en Afrique subsaharienne sont des femmes.

Ces statistiques, publiées par l’Institut de statistique de l’UNESCO, mettent en lumière l’énorme écart entre les femmes et les hommes dans l’exploration des carrières dans les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques, collectivement connues sous le nom de STIM.

Ces domaines dominés par les hommes et qui manquent de femmes, en raison de l’insuffisance d’encouragement des filles à poursuivre des mathématiques et des sciences dès le plus jeune âge scolaire, sont une source d’inquiétude pour beaucoup,

Il est extrêmement important d’accorder une attention sérieuse aux stratégies et approches pédagogiques utilisées en STIM, aux environnements d’enseignement et d’apprentissage, à l’état d’esprit des intervenants concernés. L’enseignement et l’apprentissage doivent être adaptés aux besoins, orientations, intérêts et attentes identifiés des filles et des femmes. Il est également nécessaire d’examiner les résultats de l’apprentissage et la qualité de l’achèvement/des résultats obtenus.

Des programmes réservés aux filles doivent être organisés pour augmenter leur participation aux activités STIM.

Outre les discriminations globales fondées sur le genre dans les domaines d’apprentissage en STIM, il importe également d’examiner les orientations, les choix et les professions en général lies aux STIM surtout au niveau de l’enseignement supérieur.

Femme d’Afrique Magazine : Comment est-ce que l’UA/CIEFFA (le Centre International de l’Union Africaine pour l’Education des filles et des femmes en Afrique) se déploie concrètement en Afrique ?

Dr Rita BISSOONAUTH : Travail à plusieurs niveaux :

Réunions de Haut niveau avec des Chefs d’Etats, Ministres, ministères, partenaires au développement, société civile, jeunes.

Dialogues avec les chefs Religieux et traditionnels :

Renforcement de capacités des jeunes à travers des formations ciblées sur des thématiques bien précises, telles l’entrepreneuriat, les STIM (maintenant STIAM, avec la dimension arts et culture), l’alphabétisation digitale et financière (surtout sur le ZECla)

Accroître la visibilité de l’UA / CIEFFA, à travers des campagnes de plaidoyer, des blogs et des publications sur l’éducation des filles et des femmes, telles que Women in STEM; «Effets de la corruption sur l’éducation»; «Les stéréotypes de genre dans l’EFTP».

De solides partenariats et synergies avec les parties partenaires en mettant en place une plateforme de partenaires avec la communauté internationale des donateurs tels que la Norvège, les organisations des Nations Unies et la société civile.

Femme d’Afrique Magazine : Quels sont les partenaires de l’UA/CIEFFA (le Centre International de l’Union Africaine pour l’Education des filles et des femmes en Afrique) ?

Dr Rita BISSOONAUTH : Nous travaillons avec tous les acteurs en éducation, du plus haut niveau à partir des Chefs D’Etat du gouvernement de l’Union Africaine, Ministres, ministères, partenaires au développement, société civile, jeunes, chefs religieux et traditionnels.

Nos programmes sont financés par la Norvège et le Canada

Femme d’Afrique Magazine : Un mot de fin Dr Rita BISSOONAUTH ?

Dr Rita BISSOONAUTH : On risque de perdre tous les gains acquis ces dernières années pour accroitre l’accès et le maintien de la fille à l’école avec la pandémie de la COVID-19. Il faut que nous travaillions de concert pour que les filles retournent à l’école et aient des cours de soutien pour rattraper le retard dans leur apprentissage.

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