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Portrait

Carine Mutahali : « Le journalisme a changé beaucoup de choses dans ma vie »

Carine Mutahali est animatrice et présentatrice à la Radio UFM, une radio qui émet depuis Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo. Elle anime « Umatinale » du lundi à vendredi de 7h à 10h et « Le Saviez-vous ?», un magazine de culture générale tous les mercredis à 19h. Dans cet entretien, elle nous parle de comment elle a découvert sa passion pour ce métier ainsi que ses différentes difficultés.

FDA : Comment avez-vous intégré le monde des médias ?

Carine Mutahali (C.M.) : Je dirai que ce n’est pas le fruit du hasard. Après l’obtention de mon diplôme de fin d’études (BAC), j’ai voulu faire des études de Droit, car j’étais une personne qui parlait beaucoup (rires). Mes parents ont voulu également m’orienter à faire mes études dans cette branche. Je m’étais ravisée car je n’aimais pas l’Université de Kinshasa (UNIKIN) à cause des années académiques élastiques de l’époque. Puis, mes parents m’ont parlé des Facultés catholiques, mais je n’y étais pas à l’aise non plus. Alors, j’ai fait une petite rébellion qui a duré une année.

Puis un jour, j’ai accompagné mon Pasteur qui devait participer à une émission sur une chaine locale. Chose étonnante, la présentatrice était absente. Mon Pasteur m’a alors demandé de faire avec lui cette émission.  J’ai donc pris mon courage à deux mains et tout s’est bien passé. En faisant plus d’une fois l’émission avec lui, progressivement, naitra en moi l’envie de faire la communication ou le journalisme. Puis, je me suis inscrite à l’Institut National des Arts (INA) où j’ai obtenu un diplôme en Animation et Gestion culturelle.

Après mes études, j’ai eu à travailler dans la télécommunication, la communication et l’événementiel. Puis, par la suite, j’ai intégré la télé, plus précisément « Congo Media Channel ». J’avoue que j’ai toujours aimé la radio, mais c’est la télé qui s’est présentée à moi en premier.

Qu’est-ce que vous pouvez dire sur votre métier ?

C.M. : C’est un métier qui permet d’aborder divers sujets. Au départ, il y avait plus de sérieux lorsqu’il s’agissait de journaux télévisés ou des émissions politiques. J’estime que pour le traitement de chaque sujet d’information, il faut faire preuve de professionnalisme. Même lorsqu’il s’agit d’informations que les internautes obtiennent en un clic sur Internet et les réseaux sociaux.

De nos jours, tout le monde s’improvise journaliste ou chroniqueur et se permet de donner au public des informations non vérifiées tout en ne respectant pas l’éthique et surtout la déontologie. C’est bien dommage ! Il est vrai que certaines personnes font un excellent travail mais il y a encore du chemin à faire.

Quelles sont les difficultés rencontrées dans l’exercice de ce métier ?

C.M. : Vous savez, au début de toute chose, rien n’est facile. Il y a un temps d’adaptation, un temps pour trouver ses marques, pour s’habituer à la pratique du métier, pour se faire accepter et même pour briser les préjugés qui existent dans le monde des médias congolais ; en particulier au sujet de la femme. 

Personnellement, j’ai eu quelques difficultés au début, à savoir, comment ce métier fonctionne chez nous ici. Il m’a fallu d’abord m’imprégner de cela afin de me faire accepter et de faire ma propre couleur, ma marque ou ma propre façon de faire.

Tout au début, quand le public ne vous connait pas ou ne connait pas encore votre travail, ce n’est pas facile pour qu’on puisse vous faire confiance. Mais lorsque vous avez déjà posé vos marques par votre travail et votre rigueur, tout devient un peu facile.

Une autre difficulté de taille, c’est le manque de moyens, non seulement matériels et financiers mais aussi humains, c’est-à-dire, le personnel adéquat pour vous accompagner. Le manque de moyens oblige les journalistes à mendier et cela nuit à leur image. Leur professionnalisme prend alors un coup. Les choses deviennent plus aisées lorsqu’ils parviennent à imposer leur marque. C’est le cas par exemple pour ceux qui interviewent régulièrement les grandes personnalités.

Qu’est-ce que ce métier a apporté dans votre vie ?

C.M. : Ce métier a changé beaucoup de choses dans ma vie, surtout au contact de personnes de différents corps de métiers. Cela m’a ouvert l’esprit et m’a donné le goût de la lecture ; le courage d’aller à la recherche de l’information et des personnes ressources à même de répondre aux préoccupations du public. Ce métier m’a aussi permis de viser l’excellence en m’inspirant des expériences d’autres confrères sous d’autres cieux.

Glodie Mungaba

L'auteur

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