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Culture

Augustin Wayawo : « La paix et le mieux-être des centrafricains est notre priorité »

Contribuer à redonner le sourire à la population centrafricaine après une si longue tragédie dont elle a souffert, tel est le désir de Monsieur Augustin Wayawo, diplomate centrafricain résidant en RDC. Il est l’initiateur du festival dénommé « NGUIA TI KODRO » qui signifie en d’autres termes « le sourire du pays ou Koseka Ya Mboka ». L’événement aura lieu du 29 novembre au 1er décembre prochain à Bangui. Y prendront part des artistes comédiens en provenance de la Cote d’ivoire dont Agalawal, Ramatoulaye, ainsi qu’Abelle Bowala de la RDC. Au cours d’une interview accordée à Femme d’Afrique Magazine, Monsieur Augustin Wayawo livre les détails de son projet.

FAM : Pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Augustin Wayawo : Je suis monsieur Augustin Wayawo. Je suis en RDC comme étant le président de la communauté Centrafricaine résidant en RDC. Je travaille depuis 2011 à la Commission internationale du Bassin du Congo, en sigle « CICOS », qui est la Commission Internationale du bassin du Congo-Oubangui-Sangha, avec comme pays membres, la RDC, la RCA, le Congo Brazzaville, le Cameroun, l’Angola et le Gabon dont j’ai eu l’opportunité d’être recruté par le Gouvernement centrafricain après mes études post Universitaires en Chine. Je fais des études en informatiques, disons en Technologies, et à CICOS, je gère tout ce qui est système d’information, base des données et de développements d’application des systèmes informatiques.

FAM : Aujourd’hui, vous voulez intégrer le monde de la culture par le biais de votre festival « NGUIA TI KODRO ». Quel est l’objectif poursuivi ?

Augustin Wayawo : J’ai toujours pensé qu’il faudrait faire quelque chose pour le pays. Mais je ne savais pas encore comment m’y prendre pour apporter ma petite contribution. L’idée a pris place juste un jour, il y a de cela deux ans. Je me suis retrouvé dans un bus au mois de décembre de l’an 2016. Le bus allait de  Yaoundé  à Douala. On a projeté un festival d’humour. Le défilement des humoristes Ivoiriens sur le petit écran du bus m’a permis de passer une distance de 340Km sans m’ennuyer et cela m’a beaucoup émerveillé. De là, l’idée m’est venue en tête, pourquoi ne pas ramener aussi le sourire au peuple centrafricain qui, après la guerre, a subit le traumatisme. Pourquoi ne pas changer la haine et la peur de l’autre, car dit-on, un sourire à nouveau peut redonner la vie à un cœur meurtri. Malheureusement, à cette époque, je n’ai pas pu le réaliser jusqu’à ce que je rencontre  un promoteur culturel centrafricain qui m’a encouragé après rédaction de mon projet. D’où la création de « NGUIA TI KODRO ».

FAM : Dans un pays en guerre, les premières victimes sont les femmes et les enfants, avez-vous déjà songé à les assister ? 

Augustin Wayawo : Bien sûr ! Après le festival, on verra comment nous pouvons assister les enfants dans la scolarisation, aider les filles sans emplois, parce qu’aujourd’hui, leur seul métier est devenu la prostitution, créer des agences de microcrédits pour aider les parents à créer des activités génératrices des revenus et reprendre la vie normale. C’est triste ce qu’ils ont connu comme tragédie.

FAM : Quelles sont les perspectives à venir ?

Augustin Wayawo : La première édition se déroule premièrement à Bangui, après en RDC et ainsi de suite. Chaque année à Bangui se tiendra un festival de ce genre.

FAM : Votre mot de la fin ?

Augustin Wayawo : Merci à Femme d’Afrique Magazine pour cette opportunité à pouvoir m exprimer, et à la population centrafricaine. Il y a encore de l’espoir. Ce n’est pas une fatalité, ni la fin du monde, ce qui ait fait est fait. Apprenons à vivre et à pardonner. Durant mon enfance en Centrafrique, je n’ai pas connu ce que vit ma communauté aujourd’hui. Il faut que les gens apprennent à se souder, à s’entraider et à aller de l’avant.

L'auteur

Christelle Mpongo, Éditrice Général, fondatrice du magazine Femme d'Afrique.

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