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Interview

Arlette Odia Kashama: « En dépit de difficultés, nous finirons par vaincre ce combat »

Les mouvements sur les revendications des droits des femmes accentuent de plus en plus le débat dans un monde où les femmes revendiquent le même quota que les hommes. Les voix s’élèvent. Chacune s’invite donc autour d’une table de réflexion. Avocate au barreau de Kisangani et actrice politique spécialisée dans la société civile, Arlette Odia Kashama a été abordée lors de son passage au Foire des femmes des médias à Kinshasa, devant le stand de Femme d’Afrique magazine. Interviewée sur la problématique de l’émancipation de la femme en RDC, elle nous livre sa lecture des faits.

Femme d’Afrique : Qui est Arlette Odia Kashama ?

Arlette Odia Kashama : Je suis avocate au barreau de Kisangani et actrice politique spécialisée dans la société civile. Pourquoi la société civile ?J’ai estimé qu’il vaut mieux pour l’instant de travailler sur la société civile parce que c’est là où l’on défend mieux l’intérêt commun. Le peuple exerce son pouvoir constitutionnel de manière directe par la voie des urnes et aussi indirecte par la voie de ses représentants. Une fois que les représentants ont été désignés, le peuple se retrouve en position de faiblesse. Et il espère voir ses représentants élus travailler pour son intérêt. Et cela n’est toujours pas  évident. Dans le contexte actuel, le peuple congolais continue à souffrir. C’est pour cette raison que j’ai jugé mieux de défendre au moins l’intérêt du peuple au sein de la société civile étant donné que je ne suis pas l’un des membres du gouvernement.

Etant légiste, quelles sont les avancées significatives en terme des Droits des femmes en RD Congo ?

Quel que soit l’homme ou la femme, la justice ne constitue pas une garantie. La justice ne constitue pas véritablement un outil de protection pour le citoyen. Du point de vue du procès, il y a très souvent ce problème d’incompétence de certains magistrats. Il y a la corruption qui s’invite aussi lorsque vous n’avez pas suffisamment de moyens, vous avez moins de chances pour que vos droits soient maintenus. C’est compliqué! C’est un combat que nous menons au quotidien pour que cette citoyenne congolaise puisse voir ses droits être protégés.

Pouvez-vous nous définir en quelques chiffres (en termes de réalisations obtenues), lesdites avancées liées au Genre au sein de votre profession ?

La profession de magistrat comme celle d’Avocat n’est plus fermée à la femme.  Aujourd’hui, nous avons les mêmes chances d’accession à cette constitution.  Il nous reste maintenant que chacune des femmes qui choisissent soit d’être avocat, ou soit, magistrat, de faire ce qu’elle veut. Qu’on lui laisse montrer ses capacités. La porte ne nous est pas fermée, nous avons toutes les mêmes compétences.

Qu’aviez-vous retenu de la Foire des femmes des médias ?

Les médias nous sont ouverts pour savoir comment les contacter, comment les atteindre. Je salue cette initiative qui permet aux femmes des médias de s’exprimer, de réfléchir aux problèmes liés à leur milieu professionnel afin de trouver des solutions appropriées. C’est aussi l’occasion de féliciter ces femmes des médias qui ont pris cette initiative. Continuons à nous battre pour nos droits, à servir notre nation et nous ferons ensemble avec les partenaires masculins, pour rendre ce pays plus beau vivre et où les questions liées au Genre sont mieux traitées.

Votre mot de la fin

C’est un message que je lance aux gouvernants : ils ont une lourde responsabilité, celle de sensibiliser, mais surtout, de se préoccuper de ce que la sensibilisation atteigne la dernière ligne des femmes. Il est de la responsabilité des dirigeants, des partis politiques et des associations de la société civile, de relayer les messages du sommet à la base.

J’adresse ce message à toutes ces femmes qui se sont suffisamment engagées dans le combat pour la promotion de la gente féminine, de continuer à résister en dépit de difficultés que nous rencontrons.

Aux jeunes filles ou alors celles qui sont encore aux études de s’inspirer du modèle qu’elles trouvent dans la société. J’exhorte aussi toutes ces femmes qui sont dans l’entrepreneuriat, dans les petits commerces, qui se lèvent très tôt et se couchent très tard pour la quête du bien-être de leurs familles, aux femmes policières et militaires, à ne pas baisser la garde en dépit de difficultés. Nous finirons par gagner ce combat pour la promotion de la femme et sur l’égalité de chances.

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